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Edifices remarquables de Comprégnac


. LA MAISON de la TRUFFE

Avant d'abriter la Maison de la Truffe,  le Syndicat des trufficulteurs de l'Aveyron et l'Association Maison de la Truffe, ce bâtiment avait une toute autre destination.


En effet, cette bâtisse qui date du Moyen Age est le reste du château fort et constitue l'angle Nord/Ouest de la place forte qui servait de refuge aux habitants du village durant les attaques de brigands ou des luttes des seigneurs.


Ce château a fait l'objet d'attaques par les protestants, lors des guerres de religions qui l'incendièrent avant de l'abandonner. Il n'a jamais été reconstruit et voilà ce qu'il en reste. De l'extérieur on devine très bien (quand on est devant l'église), les vestiges de l'ancienne place forte, aujourd'hui devenus maisons d'habitation.


Le village et cette place forte ont durant de nombreuses années été motif de dispute entre le Seigneur de Luzençon et le Seigneur de Vezins.


C'est finalement le Comte de Vezins qui tira le plus bénéfice de cette résidence, puisqu'il venait s'alimenter en vin à Comprégnac, car la vigne était l'une des principales ressources des habitants de Comprégnac. Toutes les parcelles que l'on découvre sur les coteaux, où il ne subsiste plus que les murets, étaient recouvertes de vignes. Pour se rendre à Comprégnac il empruntait l'actuel Chemin du Causse que l'on trouve au Nord du village, pour rejoindre Vezins de Lévézou ; cet itinéraire a été tracé et aménagé à cette époque.


La Commune de COMPREGNAC a acheté cet édifice qui était à l'état de quasi abandon à Mme Roufiac qui en était propriétaire. Si ce bâtiment a été habité dans les années 1950/1960, il était ensuite devenu tour à tour : une grange et un grenier, avant d'être délaissé et de menacer de tomber en ruines.


Cette opération aura permis de lui donner une nouvelle vie.


. L'ANCIEN FOUR COMMUNAL


On découvre, en sortant de la Maison de la Truffe, à droite la Placette de l'Ancien Four.
C'est là que trônait le four banal communal. Comme il tombait en ruines il a été démoli en mars 2002, lors de l'aménagement du centre ancien.


. L'ANCIENNE EGLISE


L'ancienne église se trouvait aussi dans cette partie du « vieux Comprégnac » et a changé de destination. Après avoir servi de bergerie, de grange et de cave pour certaines parties, elle abrite aujourd'hui  le garage et l'atelier communal ainsi qu'un appartement communal.


. LE COLOMBIER du Ravin du CAPELIER


Le Comte de Vezins était aussi propriétaire du pigeonnier (ou colombier) du Ravin du CAPELIER. Ce pigeonnier qui possède 435 boulins en pierres est l'un des plus remarquables de la région, il lui a été ensuite juxtaposé une bergerie qui était en service encore au lendemain de la 2° guerre mondiale.


Lui aussi, à l'état d'abandon et en ruines, a été rénové par la Communauté de Communes à qui il appartient et inauguré le  26 septembre 2007.


Il est aujourd'hui ouvert au public et vous pouvez le découvrir, en faisant un peu de marche, il est a environ 300 mètres de la route, sur la gauche en partant à Millau, face au panneau signalant sur la droite : « Aire des Pyramides ».


Rédacteur : Roger LAFON,

Maire honoraire de Comprégnac


. L'EGLISE Saint Pierre de COMPREGNAC

Joseph, Fleury BARASCUD, né à Moussac, paroisse de Lauras, le 7 septembre 1808, ordonné prêtre en 1832, curé de Comprégnac à compter du 4 mars 1850, a écrit jusqu'au  9 octobre 1872 l'histoire de l'église : 

En 1852 il a été fait deux plans pour la nouvelle église : soit la reconstruction sur l'emplacement de l'ancienne, soit une nouvelle construction sur le Champ de Bertrand. Le Conseil Municipal a opté pour la deuxième solution. Monsieur Boissonnade, architecte départemental à Rodez, nous a fait attendre les plans dix huit mois et son avant-projet est rejeté par le gouvernement. En 1854 le Conseil Municipal charge Monsieur Galtier, architecte à St Affrique, de faire un nouveau plan. Le gouvernement le rejette sous prétexte que la Commune entière doit faire les frais de la construction et non la seule section de Comprégnac.

En 1855 : élection de la municipalité Pierre Lagrifoul, recensement de la population de 1856 : 450 habitants pour la Commune.
Suspendu jusqu'en 1859, à cause de la guerre de Crimée, de la disette et des épidémies, mais surtout en attendant que la section de Peyre décide de reconstruire en même temps son église. A cette date les deux sections de Comprégnac et de Peyre offrent chacune une souscription sous forme d'actions de 250 francs chacune payables à l'ouverture des travaux et remboursables au moyen d'une imposition communale. Ces 2 souscriptions s'élèvent ensemble à 16 000 francs, à savoir 8 000 francs pour chaque paroisse, elles sont acceptées par la Commune et doivent être, avec le produit de la vente des vieilles églises de Comprégnac (réalisée en 1872 en 3 lots) et de Peyre + les secours du gouvernement, le moyen de faire face à la dépense de la reconstruction des 2 églises. En 1860 Monseigneur Delalle visite la Paroisse de Comprégnac et octroie spontanément la somme de 250 francs pour la construction de la nouvelle église.
Ces sommes paraissent insuffisantes à l'administration et ce n'est qu'en supprimant la construction du clocher et en ajoutant de belles promesses que nous réussissons après quatre ans de négociations à obtenir une aide modérée. A la fin de l'année 1862 les deux églises sont données à l'adjudication.
Les travaux sont donnés à deux entrepreneurs de Laissac qui se tiraillent l'un l'autre, laissent gouverner leurs ouvriers, tâtonnent pour la pierre de moellons sur toutes les carrières sans pouvoir s'arrêter sur une, « ils gaspillent notre argent et nous forcent à achever l'ouvrage en régie ».
La première pierre ou pierre angulaire, a été bénie le 23 juin 1863 par le Curé de St François de Millau et l'église a été bénie le 17 décembre 1866 par le Curé Vidal de St Rome de Tarn.
Le décompte des travaux a été fait par Monsieur Sahut, architecte à Millau, il a été dû par la Commune aux entrepreneurs la somme de 257,23 francs, sur cette somme ils doivent payer 100 francs à Monsieur Sahut.

En comprenant les travaux de la régie : 6 400 francs, la dépense totale a été de 25 000 francs à la clef. Le décompte a été fait par Arrêté de la Préfecture et homologué par lui le 16 décembre 1868.

Cette même année : ouverture du chemin reliant le village à la nouvelle église.
L'autel en marbre blanc a été fait par D… Martrin de Caunes , au prix de 2 800 francs. Le marche-pied et les autels de la Vierge et de St Joseph ont été faits ou restaurés par Monsieur Poujol, menuisier à St Georges de L. Ces 2 autels ont été peints par Justin Guybert, peintre décorateur de Millau. Ces mêmes dépenses et quelques autres se sont élevées à 800 francs. L'appui de la communion donné par Sophie Vernhettes a coûté 333 francs. Les statues données par Cadet Salson ont coûté, rendues ici, 535 francs.

En 1870, élection de la municipalité Adrien Barascud.
Enfin la chaire et les bancs du cœur commandés en 1871 et exécutés par Félix Reynès, de La Besse ? pour la somme de 2 000 francs ? ont été placés et reçus le 1° octobre 1872. Le montant des décorations intérieures de l'église est de 6 468 francs. Monsieur Rouquette, de Martrin, a fait les crépis et les nervures.
Nous avons pris possession de la nouvelle église immédiatement après la bénédiction, c'est-à-dire après le 17 décembre 1866. L'organisation des places ne s'est faite que le 1° mai 1867. La fabrique a loué pour 20 ans l'emplacement des bancs au prix de 40 francs de… et moyenne 10 francs d'annuité pour chaque banc. Chaque famille a fait faire un banc sur un modèle donné et il est convenu qu'au bout de 20 ans chacun sera maître de son banc. Octobre 1872 : la chaire et les bancs sont mis en place.

Explications de Roger LAFON qui le tient des « anciens » :
L'église de Comprégnac a été construite en même temps que celle de Peyre. Initialement il devait y avoir un clocher à chaque église. Mais par manque de fonds le clocher de l'église de Peyre a été construit car l'église est plus petite que celle de Comprégnac, donc il fallait un clocher moins important et moins couteux. Celui de Comprégnac devait être édifié par la suite, en attendant on a construit un clocheton. Cette situation a perduré et perdure encore, on attend toujours le clocher promis et on se contentera du clocheton.
Lors de l'inauguration/bénédiction le prélat de service (en l'occurrence l'évêque ?)  se serait exclamé : « conto poulido feniol » (quelle joli grange). Ces propos ont été rapportés par le bouche à oreille.
La cloche de l'église est celle de l'ancienne église, elle date des années 1650 (vraisemblablement 1655).

Dimensions de l'église relevées le 26 juillet 2016, lors des travaux d'échafaudage en prévision de la réfection de la toiture :
Hauteur au faîtage : 17 mètres environ.
Hauteur sous voûte de l'arceau recouvrant la cloche : 20 mètres environ.
Hauteur totale jusqu'au sommet de la croix située sur le clocheton : 21 mètres environ.
Hauteur aux gouttiers : 13 mètres environ.

Roger LAFON 
N. B. :
En italiques : écrits de Fleury Barascud,
En gras : annotations de l'auteur de la plaquette, suite à ses recherches.


 
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