L'Église Troglodytique de St Christofol de Peyre

Inscrite à l'inventaire des Monuments historiques, l'ancienne église de Peyre a été fortement remaniée au fil des siècles. La nef, orientée est-ouest, à la forme d'un rectangle dont le nord est constitué par le rocher de la falaise contre lequel s'appuie l'église. La base du mur sud est d'époque romaine.

Le clocher, classiquement de plan rectangulaire, est en forte saillie au sud de la nef, seul endroit où il pouvait être bâti vu la configuration particulière de l'église plaquée sous l'auvent rocheux naturel. Face à la vallée, dans la partie inférieure du clocher, on peut observer une fenêtre gothique (XVe siècle), la plus ancienne de  l'église qui a été conservée.

Cette église rupestre romaine, en partie ruinée pendant les guerres de religion, a été fortement remaniée entre les années 1594 et 1773. L'église a été judicieusement aménagée et fortifiée dans ses parties hautes pour servir de refuge à la population de Peyre.

Selon une tradition locale, quand le village était attaqué, les Peyrelins pouvaient pénétrer à couvert jusqu'à l'église par un système de communication de maison à maison.

Le système défensif de l'église était complété par de petites ouvertures de tir disposées sur trois niveaux sur la face ouest du clocher, du côté où les assaillants se présentaient pour attaquer l'église. C'est en 1673 que Jean Farriere, maçon de Saint-Georges-de-Luzençon, va construire la partie haute du clocher avec sa grande ouverture pour la cloche et mettre à niveau les murs voisins de celui-ci en y perçant les « canonnières » que l'on peut encore voir.

L'église de Peyre offre de nombreux particularismes liés à son emplacement sous un auvent rocheux naturel au pied d'une falaise et à la présence d'une source qui la traverse. S'il reste peu d'éléments de l'église romaines, l'église de Peyre, par ses aménagements défensifs relativement modernes, témoigne du fort climat d'insécurité qui régnant sur les rives du Tarn à l'époque des guerres de religion, où les catholiques se trouvaient alors en difficulté à cause de la proximité de Millau, fief protestant.

A gauche de l'oculus (mur ouest), lointain souvenir des rosaces gothiques des siècles précédents, la grande bretèche qui surplombe la porte de la nef en assure la défense. Lors des récents travaux de restauration, l'on a retrouvé dans les partie haute de l'église, une grande quantité de galets du Tarn amassés par les habitants de Peyre pour être, en cas d'attaque, utilisés comme projectiles et jetés à travers la bretèche et l'assommoir voisin.

La partie haute de l'église, uniquement réservée à la défense, était accessible par une porte située en hauteur. L'escalier actuel paraît moderne et il est probable qu'une simple échelle permettait jadis aux habitants d'atteindre leur précieux refuge. Cette porte est elle-même défendue par un autre ouvrage fortifié situé au-dessus, contre la paroi rocheuse. C'est aussi une bretèche soutenue par un arc très plat, en bande, dans lequel on peut voir, bien que bouchée actuellement par deux pierres, l'ouverture destinée à lancer les galets ou à tirer avec des mousquets.

L'Église Troglodytique

A la fin des années 1980, deux associations (Sauvegarde du Rouergue et les Amis du Château de Montaigu) ont réalisé des travaux de confortement et de rénovation, permettant de sauver cet édifice de la ruine.
En 1998, la Communauté de Communes Millau Grands Causses s’est rendu acquéreur de l’église et a réalisé des travaux de préservation et de mise en valeur : couverture du toit en lauzes, création de vitraux contemporains … 

Enfin l’éclairage et le chaulage de la voûte permettent aujourd’hui l’utilisation de ce bâtiment pour des expositions d’artisanat d’art.

Les vitraux de l’ancienne église ont été réalisés en 2001, par Emmanuel Chauche, maître verrier à Millau. 

Cette conception originale est inspirée de la configuration initiale du lieu : orientation sud, ruissellement de l’eau de pluie par les ouvertures et les infiltrations à travers la roche, aspect mi-grotte, mi église, différences de niveaux, cheminement entre les salles, escaliers désaxés …

L’artiste a eu l’idée originale d’associer des gouttes de cristal, riche en plomb (60%) de couleurs différentes (blanc-rosé, jaunes, bleutées ou vertes), et du granit, pour créer de véritables sculptures de lumière.

Plus récemment, en 2010, l’escalier qui mène au jardinet ouest de l’église a été aménagé en pierre, les murs ont été remontés et une rampe en métal forgé a été posée sur le pourtour du jardinet.

Les travaux ont été réalisés par la Communauté de Commune Millau Grands Causse selon les plans établis par Monsieur Louis CAUSSE, Architecte des Bâtiments de France.

Sources :
Guide/découverte PEYRE : avec l’aimable autorisation de la Communauté de Communes Millau Grands Causses et l’Association « Sauvegarde du Rouergue »

L'Église paroissale St Christophe de Peyre

De la construction, en passant par les travaux et les rénovations...

Selon recherches effectuées par l’Abbé Christophe Battut et Pierre Gastal, Président d'honneur des Amis pour la Sauvegarde de Peyre.

Le Four Communal de Peyre

Si plusieurs maisons accolées à la falaise possédaient leur propre four à pain, Peyre s'est doté d'un four communal qui est situé au milieu du village, non loin de l'église troglodytique, et qui a donné le nom à la calade qui descend juste à côté. Il est adossé à la maison voisine et on retrouve l'architecture traditionnelle : extérieurement une voûte recouverte de lauzes en forme de semi-coupole. Cette couverture protège la chambre de cuisson (le four proprement dit) qui est voûtée en pierres réfractaires. La chambre de cuisson est précédée du fournil sur les côtés duquel est bâtie une banquette de pierre. On y déposait les miches de pain rangées dans les paillasses. La sole (sur laquelle on dépose les pains à cuire) est également en pierre réfractaire et de forme ronde. Une barre en fer enfilée dans des encoches maintient la porte en fer qui ferme la « bouche » du four.

A l'heure actuelle, le four de Peyre est encore en très bon état et sert deux fois par an à la cuisson du pain :

  • le 1er mai, lors de la Journée des Associations
  • vers le 20 juillet pour la Fête du pain

Des bénévoles de l'association Tarnaval perpétuent la tradition et y font cuire deux fournées de 25 miches chacune.

Après la cuisson du pain, le four accepte plats, tartes, pizzas, terrines, etc… qui bénéficient de la température résiduelle du four pour cuire et/ou mijoter les mets. 

Toutefois avant de pouvoir déguster ce pain cuit au feu de bois (à ne pas manquer !), il faut entamer la chauffe du four progressivement la veille et ceci pendant 12H pour atteindre la température idéale de cuisson de 240°. A cet effet, il ne faut pas moins d'un demi-stère de bois.

Four communal de Peyre allumé

L'école communale de Peyre

Peyre eut une école dès le XVIII° siècle. Elle était tenue par le vicaire.
Ce n’est qu’au XIX° siècle que le village disposa d’une école publique tenue par des enseignants, mais dut fermer en juillet 1967 faute d’un nombre suffisant d’élèves.

Les salles de classe étaient situées dans le bâtiment qui abrite actuellement d’un côté la Salle Communale et de l’autre la salle d’exposition de l’atelier de poterie Terralhas.

La terrasse attenante tenait lieu de cour de récréation.

A l’heure actuelle, les enfants et jeunes du village sont scolarisés notamment dans les divers établissements de Millau.